Le "chiffon rouge" du bilan carbone ...


L'empreinte carbone semble être une forte préoccupation de nos jours. Elle est aussi au coeur des débats lorsqu'on parle de méthanisation. En fait, elle sert de chiffon rouge. C'est bien pratique et surtout pendant qu'on parle de bilan carbone on ne parle pas des autres gaz autrement plus préoccupants.

Les fuites ont des conséquences très graves ... volontairement "oubliées"




Daniel Chateigner, professeur de physique à l’université de Caen, explique « Les odeurs pestilentielles provenant d'une méthanerie sont le signe que des gaz s’échappent de ces installations. Le principe de la méthanisation est de transformer des déchets organiques en biogaz, composé essentiellement de méthane. Mais le processus génère d’autres gaz, comme le sulfure d’hydrogène (H2S). Il est non seulement toxique mais aussi très corrosif. A force, il peut percer les tubulures d’un méthaniseur et provoquer des fuites de méthane, gaz à effet de serre 25 fois plus puissant que le C02 . »

« L'ammoniac quant à lui, pourrait réagir au contact de l'air et s'oxyder pour générer du protoxyde d'azote, un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le C02 », a souligné Daniel Chateigner au site Reporterre qui consacre une enquête complète à la méthanisation.

Il faut préciser en ce qui concerne l'effet de serre du méthane et du protoxyde d'azote, que le PRG (Pouvoir de Réchauffement Global) augmente avec le temps car la concentration de méthane augmente au fur et à mesure dans l'atmosphère. Ainsi, l'ADEME annonce des chiffres calculés sur une durée de vie des installations de 100 ans. Or les installations dureront nettement moins longtemps. Sans doute entre 25 et 30 ans. De sorte qu'en prenant cette durée de vie des installations, le PRG du méthane serait plutôt autour de 60 ou 80 (86 fois plus puissant que le CO2 sur 20 ans). Cette petite acrobatie de l'ADEME permet de minimiser les dangers du méthane pour l'atmosphère !

De plus, prétendre qu'il n'y a aucun problème de fuite dans les méthaneries, comme on l'entend souvent, est un mensonge éhonté. Aucune méthanerie n'est épargnée par ce sujet. Et cela s'aggrave en même temps que vieillissent les installations.

De ce fait, faire semblant d'être préoccupé par le bilan carbone en oubliant de mentionner les fuites de méthane, d'ammoniac et leurs conséquences sur l'effet de serre dont est victime notre planète, est un authentique mensonge par omission. Et une tromperie des populations.

Et on ose nous dire que la méthanisation c'est ... "écologique" !